André Portier, une figure aveyronnaise du cinéma

CINEMA L’exposition «Mémoires d’ici», actuellement à Mostuéjouls, donne l’occasion au public de faire connaissance avec une figure du cinéma français, le talentueux technicien André Portier.

Aucune rue du département ne porte son nom. Alors qu’André Portier a été un acteur majeur de la vulgarisation du cinéma en Aveyron, aucune salle de cinéma ne porte son nom, non plus. C’est pourtant lui qui installa les premières cabines de projection dans de nombreuses communes de la région : Cransac, Le Gua, Aubin, Viviez, Decazeville, Combes, Montbazens, Rodez, Pont-de-Salars, Cassagnes-Bégonhès, Figeac et Mende. Cette activité est arrivée après une brillante carrière à la Gaumont comme ingénieur du son, dont il fut un des premiers à porter le titre, décerné par la compagnie de cinéma pour laquelle il travaillait et à laquelle il a beaucoup apporté. Il passera ainsi plusieurs années à l’étranger pour apporter aux réalisateurs ses talents de technicien.

Une projection dans la chapelle Notre-Dame-des-Champs

Durant la Seconde Guerre mondiale , alors qu’il avait en responsabilité l’ensemble des salles de cinéma de la zone libre, la pénurie de pièces détachées le poussera à développer de nombreux dispositifs mécaniques pour que le septième art continue d’exister malgré le conflit.

En mettant au point, dans les années 30, une caméra professionnelle 35 mm permettant d’enregistrer le son, il entrait dans l’histoire du cinéma parlant. Il la réalisa de A à Z, de la complexe partie mécanique aux cuves de développement du films en passant par le système d’enregistrement du son sur une piste optique.

C’est dans le cadre des essais effectués pour la mise au point de cette caméra qu’il réalisera, en 1939, le court métrage «Une journée en Rouergue». L’action se déroule à Pachins, près de Lanuéjouls, dans le nord Aveyron. Sa famille est mise à contribution puisque c’est dans la ferme de sa tante qu’il fait tourner ses acteurs improvisés sur un scénario aux accents désuets de Charles Mouly. Ce petit film sera pourtant diffusé dans des dizaines de salle de la région lyonnaise et rapportera une coquette somme à son auteur. Il parviendra même à le vendre à la Compagnie Lyonnaise de cinéma en 1945.

André Portier fait partie de ces hommes de l’ombre qui font avancer l’histoire, mais la petite histoire, celle qui se construit par petites touches, et tombent rapidement dans l’oubli.

E.T.

DES DOCUMENTS RARES

La Cinémathèque de Toulouse a prêté les trois films qui sont diffusés chaque vendredi à 18h en l’église Notre-Dame-des- Champs de Mostuéjouls

Une journée en Rouergue réalisé par André Portier et Charles Mouly en 1939 (9,40 minutes) nous décrit une journée de labeur, l’été, entre soins des animaux, sieste et travaux des foins.

Le Tarn, ses gorges, ses coutumes (7 minutes) réalisé par un auteur inconnu en 1923.

Les gorges du Tarn, un film de 6 minutes, provient également d’un auteur inconnu.

Jeudi à 18h, visite guidée de l’exposition, présentée par Roland Laurette.

Le Journal de Millau (18 août 2016)

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